Mère Teresa La Démolition D'un Mythe

Une Analyse Rigoureuse de la grande Dame par des Chercheurs…

Une récente étude menée par le professeur Serge Larivée de l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal, en collaboration avec Carole Sénéchal et Geneviève Chénard, jette une lumière critique sur le mythe d’altruisme et de générosité entourant la figure emblématique de mère Teresa. L’article, parait dans l’édition de mars de la revue Studies in Religion/Sciences religieuses, met en évidence des aspects troublants de la vie et de l’œuvre de la fondatrice des Missionnaires de la Charité, remettant en question la béatification orchestrée par le Vatican et mettant en garde contre une vision idéalisée de la bienheureuse.

Alors qu’ils examinaient le phénomène de l’altruisme dans le cadre d’un séminaire sur l’éthique, les chercheurs ont entrepris d’analyser 502 ouvrages dédiés à mère Teresa, éliminant 195 doublons pour se concentrer sur 287 sources représentant 96% de la littérature disponible. Leurs conclusions révèlent des facettes problématiques de la vie de mère Teresa, éclipsées par l’image d’une femme dévouée et altruiste.

Le Vatican, dans le processus de béatification, aurait ignoré des aspects controversés tels que la gestion discutable des malades, des liens politiques douteux, la controverse autour de la gestion des fonds, et un dogmatisme marqué concernant des questions telles que l’avortement, la contraception et le divorce.

La prétendue compassion de mère Teresa envers les malades a été remise en question, avec des témoignages qualifiant certaines de ses missions de “mouroirs”. Des médecins décrivent des conditions d’hygiène déplorables, un manque de soins appropriés, une alimentation insuffisante et l’absence d’antidouleurs, malgré des ressources financières considérables. Ces révélations contrastent avec les soins palliatifs de qualité qu’elle a reçus elle-même dans un hôpital américain ultramoderne lors de sa propre maladie.

Le trio de chercheurs souligne également les liens politiques controversés de mère Teresa, sa gestion opacifiée des fonds de sa fondation, ainsi que son manque de générosité matérielle envers les causes humanitaires. Ils attribuent en partie la construction du mythe autour de mère Teresa à une rencontre déterminante avec le journaliste anti-avortement Malcom Muggeridge en 1968, soulignant l’efficacité des médias dans la promotion d’une image idéalisée.

L’étude conclut néanmoins sur un aspect positif du mythe, soulignant son impact sur l’inspiration d’humanitaires authentiquement engagés. Bien que la figure de mère Teresa ait pu susciter des vocations altruistes, les chercheurs appellent à une réflexion plus critique sur le traitement médiatique de son œuvre.

Le document intitulé “Les côtés ténébreux de Mère Teresa” peut être consulté en ligne, avec une version imprimée à paraître dans le numéro 42 de Studies in Religion/Sciences religieuses en mars 2013. Les travaux de recherche n’ont bénéficié d’aucune subvention ou financement particulier. Bonne lecture et ne lâcher rien en votre croyance religieuse (ce n’est pas le but !)

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