La pandémie de COVID-19 n’a pas seulement bouleversé la vie des individus, elle a également eu un impact profond sur les entreprises du monde entier. Les entreprises ayant des filiales à l’étranger ont été confrontées à des défis importants, en particulier dans des pays comme la Chine, où des politiques strictes d’interdiction de voyager ont été mises en œuvre, interdisant de fait aux étrangers d’entrer dans le pays pendant une période prolongée.

En conséquence, de nombreuses entreprises étrangères ont dû s’appuyer sur la gestion et le personnel locaux pour poursuivre leurs activités. Toutefois, cette situation sans précédent a révélé un changement important dans le paysage commercial chinois, avec des conséquences potentielles pour les entreprises étrangères et leurs intérêts.

L’évolution de l’environnement commercial en Chine

Les entreprises étrangères qui sont récemment revenues en Chine après une absence prolongée due à la pandémie découvrent que leurs activités ne fonctionnent plus selon les principes et les pratiques qu’elles avaient établis. Cette situation met non seulement en évidence les risques inhérents à la conduite des affaires en Chine, mais aussi les risques supplémentaires liés au fait de confier toutes les opérations à des personnes qui peuvent ne pas donner la priorité aux intérêts des propriétaires étrangers lors de la prise de décisions cruciales.

Influence croissante du droit chinois

L’influence croissante du droit chinois dans le paysage commercial du pays est une évolution notable qui découle de ces perturbations. Si la confiance dans l’État de droit en Chine n’a pas augmenté de manière significative, les entreprises et les citoyens chinois s’appuient de plus en plus sur les mécanismes juridiques pour faire avancer leurs intérêts au niveau opérationnel. Il s’agit d’une évolution de la confiance traditionnelle dans les relations personnelles, connue sous le nom de “guanxi”, vers l’utilisation de cadres juridiques.

Étude de cas : La lutte des entreprises étrangères contre les filiales chinoises

Prenons le cas d’une entreprise étrangère possédant une filiale bien établie en Chine. En raison des restrictions de voyage, les propriétaires étrangers ont dû gérer leur entreprise à distance, en s’appuyant sur des états financiers et des audits comptables pendant plus de trois ans. Pendant cette période, le personnel local en Chine a continué à gérer l’entreprise malgré les défis posés par les fréquents blocages.

Cependant, au fur et à mesure que l’interdiction de voyager se prolongeait, des divergences financières sont apparues, d’abord de manière mineure, puis progressivement dans des transactions plus importantes. Les directeurs locaux en Chine ont commencé à s’octroyer des primes non autorisées et arbitraires, ce qui a conduit à un conflit d’un an avec les propriétaires étrangers.

Tout au long de ce processus, la direction chinoise a utilisé le droit chinois comme moyen de défense, se référant au droit des sociétés, au droit du travail et même au droit pénal pour justifier ses actions.

L’avenir du droit chinois et des relations commerciales :

L’influence croissante du droit chinois pose des questions intéressantes sur l’équilibre du pouvoir et de l’autorité dans le paysage commercial chinois. Alors que le Parti communiste chinois conserve un contrôle absolu, le recours accru aux mécanismes juridiques par les citoyens et les entreprises chinois pourrait avoir des conséquences inattendues. L’utilisation du droit comme outil pour remettre en cause la suprématie du parti lui-même pourrait devenir une possibilité future, favorisée par le terrain fertile pour l’application du droit créé par le COVID-19.

La pandémie de COVID-19 a remodelé les relations entre les entreprises étrangères et leurs filiales chinoises. Les perturbations causées par la pandémie ont mis en évidence les risques liés à la conduite des affaires en Chine, tout en révélant la dépendance croissante des dirigeants locaux à l’égard du droit chinois. Bien que le Parti communiste conserve la primauté, l’émergence du droit chinois comme moyen de protéger les droits et d’obtenir des réparations témoigne d’un changement important dans le paysage commercial chinois. Les entreprises étrangères opérant en Chine doivent naviguer dans cet environnement en évolution, en comprenant les implications potentielles de cette dynamique changeante pour leurs intérêts et leurs opérations.

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